Tout le parcours de la stimulation ovarienne vise un objectif : la ponction d'ovocytes.
Les follicules sont murs lorsque le monitorage de la stimulation met en évidence les points suivants :
1. les follicules sont suffisamment gros à l'échographie (à partir de 18 mm)
2. le taux d'oestradiol est assez élevé : environ 150 à 300 x le nombre de follicules murs
3. l'endomètre est assez épais, triple couche à l'échographie (en vue du transfert d'embryon après fécondation)
Lorsque ces trois conditions sont réunies, ou au moins les 2 premières, le médecin considère que la patiente est prête pour le déclenchement de l'ovulation. On se situe alors en général entre J10 et J16.
Le déclenchement de l'ovulation se fait par injection d'HCG, généralement le soir : il s'agit d'une injection sous-cutanée dans le ventre, que l'on peut donc réaliser soi-même. Ce déclenchement provoque la "ponte" : les ovocytes arrivent à maturité 36 heures après le déclenchement.
C'est toujours un grand moment lorsque le médecin vous annonce : "on déclenche ce soir". Quelle exaltation ! Ca fait en général plus de 10 jours que l'on attend ce moment.
Enfin le déclenchement !
Et puis l'HCG représente la dernière injection du traitement... Ensuite, pendant 36 heures, aucun traitement. Puis le traitement qui suit la ponction n'inclut plus que des ovules par voie vaginale et des analgésiques.
La ponction a généralement lieu un matin. Elle peut se faire sous anesthésie locale ou générale légère ; cela dépend des centres de PMA et des souhaits de la patiente.
Personnellement, j'ai expérimenté les deux solutions.
1ère ponction : anesthésie générale (octobre 2003)
J'ai réalisé ma 1ère ponction sous anesthésie générale. Mon médecin me l'avait vivement conseillé car la ponction est réputée douloureuse. Il s'agit d'une anesthésie de courte durée (environ 30 minutes) pour une intervention d'une dizaine de minutes. J'avais rendez-vous très tôt un vendredi matin, c'était en hiver, et j'ai gardé un souvenir nébuleux de cette journée.
Mon médecin est arrivé à la dernière minute pour la ponction... j'étais prête pour l'anesthésie, les infirmières s'impatientaient. Je commençais à paniquer car si la ponction est pratiquée avec du retard, les ovocytes sont trop murs et la fécondation ne peut avoir lieu. Mais il est arrivé à temps...
Ensuite, j'ai le souvenir d'un réveil brumeux dans une salle de réveil où l'on m'a annoncé : "23 ovocytes, Mme Choquel, c'est rare d'en avoir autant, c'est très bien". Puis j'ai passé une bonne partie de la journée à dormir dans ma chambre, pendant que mon mari me veillait...
Il avait bien sûr réalisé de son côté le recueil de sperme à l'heure exacte où j'étais ponctionnée.
J'ai ensuite passé le week-end à dormir... et j'avais de plus en plus mal au ventre. Le samedi matin, le centre de PMA nous a appelé pour nous dire que nous avions 7 embryons sur les 23 ovocytes ponctionnés : nous étions ravis ! Le lundi matin, nous sommes retournés à l'hôpital pour le transfert d'embryons ; on replace normalement un ou deux embryons frais dans l'uterus 48 heures après la ponction, les autres sont congelés. J'avais le ventre gonflé, des maux de ventre intenses. Et là, quelle déception ! Le médecin nous annonce qu'il est préférable d'annuler le transfert car je présente des symptômes évidents d'hyperstimulation ovarienne. Je reviendrai dans le détail sur le syndrôme d'hyperstimulation ovarienne et les raisons pour lesquels le transfert est déconseillé dans ce cas.
Le médecin nous laisse le choix, mais nous suivons son conseil ; les conséquences d'une hyperstimulation peuvent être graves, et la mort dans l'âme, nous renonçons au transfert pour ce cycle.
Nos 7 embryons sont alors congelés, et utilisés lors de 4 transferts ultérieurs ; le 3ème de ces transferts donnera naissance à notre fils en novembre 2004.
2ème ponction : anesthésie locale (mai 2006)
Pour la 2ème ponction se repose la question de l'anesthésie. Mon médecin m'explique que l'anesthésie locale est moins douloureuse pour les patientes qui ont déjà eu un enfant que pour les autres ; ça tombe bien, c'est mon cas ! Pour des raisons financières, j'opte cette fois pour cette solution.
J'ai rendez-vous un jeudi à midi... Toute une matinée d'attente, en prévision d'une ponction que j'imagine très douloureuse. Finalement, à part la piqûre d'anesthésie de l'ovaire gauche qui suscite une douleur intense (et me fait crier), je n'ai presque pas mal pendant le reste de la ponction. En revanche, au bout de quelques minutes, je commence à me sentir mal : nausées, l'impression que je vais perdre connaissance. Je fais un malaise vagal. Mon médecin et les infirmières s'activent pour terminer au plus vite, car je perds connaissance ; ma tension chute à 6, mon rythme cardiaque ralentit. Je crois que c'est la peur qui a causé ce malaise, et peut-être un peu d'hypoglycémie, mais pas la douleur en tout cas.
Pendant la ponction, étant quand même consciente, j'entends mon médecin qui annonce le nombre d'ovocytes ponctionnés : 24 ovocytes, encore mieux que la 1ère fois. Mais il me dit aussi que mes ovaires sont énormes et m'annonce que je n'aurai pas de transfert d'embryon 48 heures plus tard. Je fais de nouveau une hyperstimulation ovarienne, visible cette fois dès la ponction...
Encore une déception, mais finalement, je suis rodée et résignée... Je rentre chez moi et je dors pendant 2 jours. Je fais, suite à cette ponction, une hyperstimulation plus grave que la première.
Le lendemain de la ponction, le centre de PMA m'appelle : nous avons 14 embryons, deux fois plus que la première fois (qui nous avait déjà donné une grossesse) ! C'est la récompense après ces épreuves, et ça me console de ne pas avoir de transfert d'embryon. Ils sont tous congelés à 48 heures, mais au moins on dispose d'un bon stock...

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