Lorsque nous décidons en 2000 d'avoir un enfant, Louis et moi convenons de ne pas en parler pas autour de nous avant d'avoir une bonne nouvelle à annoncer. Je ne préviens donc personne que j'arrête la pilule, décidée à faire la surprise à tout le monde lorsqu'une grossesse serait en route.
3 ans plus tard, lorsque le diagnostic d'infertilité avec recours à l'ICSI nous tombe dessus, personne n'a conscience de notre traversée du désert. Seule ma mère a compris que j'essayais d'avoir un enfant, grâce à des indices que seule une mère peut déchiffrer... Mais personne ne se doute que nous essayons depuis si longtemps.
Louis et moi pensons depuis le début que le désir d'enfant est une chose qui ne regarde que notre couple, et que cela doit rester dans notre intimité tant que nous n'attendons pas de bébé.
Au moment où nous apprenons que nous devons faire une ICSI se pose la question de la communication : allons-nous décider d'en parler ?
Personnellement, j'éprouve un besoin très fort de partager ma souffrance avec ma famille. Juste après le diagnostic, et dans l'attente des résultats du caryotype, nous informons donc nos familles de la situation. Cela permet d'évacuer une partie de la tristesse que nous ne pouvons plus garder pour nous seuls et nos familles nous épaulent.
Mais que faire vis-à-vis des autres gens ? Les connaissances, les collègues de travail ? Tous ces gens qui depuis quelques années nous demandent régulièrement, de façon tout à fait indiscrète et dénuée de tact pourquoi nous n'avons pas d'enfant, pourquoi nous n'en voulons pas... Qu'est-ce que j'ai pu pester contre ces gens qui ne peuvent s'empêcher de poser cette question alors que ça ne les regarde pas. Encore plus contre les gens que l'on connaît mal et qui se permettent cette indiscrétion. Jusqu'à ce que nous connaissions la cause de nos problèmes, je composais et répondais toujours que nous n'étions pas pressés, que nous y pensions, puis j'éludais la question. Mais à partir du moment où le problème a un nom, qu'il correspond à des chiffres écrits noir sur blanc, cela devient difficile de faire semblant.
Nous prenons donc le parti de parler de notre FIV aux gens qui nous poseront des questions. Et à certains amis proches.
Je crois qu'une fois passé le choc de l'annonce, j'ai eu besoin d'en parler ; c'est un soulagement de pouvoir le dire, et c'est aussi une source de pression. Car une fois que les gens savent, ils ont envie de savoir... savoir où nous en sommes, comment ça se passe, s'il y a du nouveau etc.
Mais je préfère cette pression à celle qui se serait installée si nous avions dû garder tout ça pour nous deux, sans pouvoir l'extérioriser.
Certaines réactions m'ont tout de même étonnée.
Lorsque je leur ai annoncé que nous allions commencé une FIV, plusieurs de mes amis ou connaissances m'ont répondu : "Ah ouais, mais qu'est-ce qui vous a fait opter pour la FIV ?"
Alors comment dire... non, ça n'est pas parce que c'est le top du chic en ce moment... ça n'est pas non plus parce qu'on trouve ça trop cool de claquer des fortunes pour faire ce qui ne coûte pas plus d'un câlin à la plupart des gens... euh, ça ne serait pas parce qu'on n'a pas le choix ? parce qu'on n'a pas d'autre option pour avoir un enfant ensemble ?
Pour nous, il n'y a pas eu de choix : je l'ai déjà dit, mais on ne s'est pas posé la question de savoir si oui ou non nous allions tenter une FIV. Puisque c'est la seule option pour faire un bébé ensemble, on n'a pas le choix, on le fait.
D'autres m'ont répondu : "Mais c'est super, c'est une très bonne nouvelle !"
Ah bon ? C'est marrant, mais nous on n'a pas tout à fait vécu ça comme une bonne nouvelle... Bonne nouvelle pour ceux qui ont découvert que nous voulions un enfant ? Ou bonne nouvelle qu'il existe une solution susceptible de contourner notre problème... ça oui peut-être, dans ce sens-là, c'est une bonne nouvelle.
Mais de manière générale, je vous assure que quand on apprend que l'on est stérile et que l'on va devoir faire une FIV, on ne le vit pas du tout comme une bonne nouvelle.
Des réactions diverses et variées, nous en avons rencontré... Mais je comprends que ça ne soit pas facile d'avoir une réaction adaptée quand quelqu'un vous annonce une nouvelle de ce type. Je le sais pour avoir depuis connu des gens très proches dans la même situation que nous, et bien qu'étant déjà passée par là, je ne suis pas sûre d'avoir trouvé les mots qui consolent.

tellement vrai ce message ... nous sommes dans la période où personne ne sait, mais ça devient de plus en plus lourd à porter... et pourtant super peur de regretter d'en avoir parlé ... pas simple !
Rédigé par: alexia | 04/10/2007 à 20:02