J'ai des ovaires paresseux. Quand on ne les stimule pas, ils se reposent sur leurs lauriers ; au mieux, ils ne travaillent pas du tout, au pire, ils produisent des kystes. En tout cas, en l'absence de tout traitement, pas d'ovulation.
Heureusement, avec une stimulation appropriée, ils acceptent de se mettre au boulot pour produire des ovocytes, beaucoup d'ovocytes même.
Pour la 1ère ponction, c'était mon tout premier protocole, mon médecin ne connaissait pas encore la manière dont mes ovaires réagissaient au traitement : il m'a prescrit des doses standard, et l'on a découvert dès la 1ère écho et le 2ème dosage qu'ils réagissaient très fort !
En conséquence, mon médecin a été prudent pour la 2ème stimulation pour ponction : il a commencé avec des doses plus faibles, qui n'étaient pas efficaces. Mes ovaires ne travaillaient pas assez, le taux d'oestradiol restait trop bas. On a donc augmenté progressivement les doses, et mes ovaires ont commencé à bosser. Un peu trop !
Voilà le problème : si on les stimule gentiment, mes ovaires ne font rien. Dès que l'on augmente la stimulation, ils s'emballent et ne s'arrêtent plus, même quand ils devraient.
Résultat : à chaque stimulation, j'ai fait une hyperstimulation ovarienne. Cela signifie que même lorsque l'on arrête les injections de stimulation (FSH), les ovaires continuent à travailler ; ils s'hypertrophient et produisent des kystes. En fait, l'hyperstimulation ovarienne est le risque majeur induit par les protocoles de FIV.
Il existe 3 stades de gravité d'hyperstimulation ovarienne :
- mineure (stade 1) : les ovaires sont augmentés de volume et présentent des kystes ; sensation d'inconfort abdominal
- modérée (stade 2) : kystes ovariens plus importants avec troubles digestifs
- sévère (stade 3) : ovaires très volumineux et épanchement d'ascite dans l'abdomen ; peut provoquer des troubles respiratoires et un risque d'accident thromboembolique
Personnellement, j'ai expérimenté tous les stades ; lors de ma dernière hyperstimulation (mai 2006), l'épanchement d'ascite dans l'abdomen était très douloureux et j'avais l'air d'être enceinte de 4 mois tant mon ventre avait grossi.
Après les injections de stimulation que j'avais subies durant 2 semaines pour préparer la ponction, j'ai dû enchaîner avec 2 mois de piqûres d'anti-coagulants pour limiter les risques de phlébite. Cela nous a contraint à repousser de 2 mois le TEC suivant.
Dans la plupart des cas, le médecin repère des signes avant-coureurs d'hyperstimulation : gros ovaires à l'échographie, nombreux follicules, taux d'oestradiol très élevés. Cela permet de l'éviter ou de la limiter au stade 1 ou 2, en diminuant les doses de FSH, voire en interrompant le protocole de stimulation et en repoussant la FIV. Mais mes ovaires sont sournois... d'abord ils ne travaillent pas, et quand enfin ils se réveillent, on ne les arrête plus. Quand on se rend compte qu'ils se sont mis au boulot, il est déjà trop tard et l'hyperstimulation est engagée.
J'ai connu un autre cas d'hyperstimulation, pas suite à une stimulation pour une ponction... mais suite à un début de grossesse !
Quand j'ai fait mon 3ème TEC en mars 2004, celui qui a marché et suite auquel j'ai été enceinte de mon fils, j'ai fait une hyperstimulation 7-8 jours après le transfert. J'ai eu extrêmement mal au ventre, au point de ne plus pouvoir marcher. Mon médecin m'a fait une échographie en urgence 8 jours après le transfert et a diagnostiqué une hyperstimulation. Il m'a dit ce jour-là que c'était sans doute bon signe et que j'aurais probablement une bonne surprise le jour du test de grossesse. Il ne s'était pas trompé, j'ai accouché 9 mois plus tard.
En effet, l'hyperstimulation des ovaires est souvent activée par une hausse du taux d'hormone HCG. Celle-ci peut être due à 2 causes :
- soit l'injection d'HCG que l'on fait pour provoquer le déclenchement de l'ovulation 36 heures avant la ponction d'ovocytes, c'est pourquoi les hyperstimulations ont souvent lieu après une ponction.
- soit la hausse naturelle du taux d'HCG quand une grossesse débute. C'est l'hormone BHCG que l'on dose pour détecter la grossesse ; elle commence à apparaître dans le sang maternel au moment de la nidation, et une hyperstimulation peut donc se déclencher suite à un transfert d'embryon si celui-ci s'accroche.
Ce sont les deux raisons pour lesquelles je n'ai jamais eu de transfert d'embryon frais suite à mes ponctions + FIV-ICSI : le risque de réactivation de l'hyperstimulation en cas de grossesse débutante aurait été trop dangereux. Quand l'hyperstimulation est diagnostiquée avant ou pendant la ponction, il est préférable de congeler tous les embryons et de les transférer plus tard lors de TEC.
J'ai vécu 3 hyperstimulations jusqu'à maintenant, et je garde de toutes un très mauvais souvenir, particulièrement de la dernière qui a été la plus sérieuse. Je me dis que si je dois refaire une ponction un jour, je n'y échapperai sans doute pas. Mais la contrepartie positive est que mes ovaires ont à chaque fois tellement travaillé que nous avons eu énormément d'ovocytes et pas mal d'embryons. C'est d'ailleurs pour cela que je garde espoir de ne plus avoir à repasser par là (il nous reste 13 embryons congelés à ce jour).
Source : www.gyneweb.fr

j'ai le meme problème,mais moi on a pas encord prosseder aux injectins FSH,on ma donnée beaup de traitements et j'arrive toujours pas à ovuler
Rédigé par: kahina | 13/02/2008 à 08:56