C'est vrai que notre parcours de PMA pour avoir un premier enfant a été éprouvant, une vraie galère... comme pour tous les couples qui passent pas là. Puis la grossesse n'a pas été simple ni sereine. Mais dès que le bébé a pointé le bout de son nez, tout était oublié. Dès que nous l'avons tenu dans nos bras et que nous avons su qu'il allait bien et qu'il était normal, la PMA, la grossesse difficile, toutes les angoisses liées à cette aventure épuisante se sont volatilisées.
Très vite, l'envie d'en faire un 2ème s'est fait sentir. Le fait que notre première FIV ait marché assez rapidement, que nous n'ayons eu besoin que d'une seule ponction avec ICSI, et de "seulement" 3 transferts d'embryons, nous motivait à recommencer. Et il nous restait un embryon congelé, on se disait donc qu'avec un peu de chance, nous n'aurions même pas à refaire de ponction d'ovocytes. Mais nous étions tout de même assez prudents pour savoir que ça pouvait prendre un peu de temps et comme nous souhaitions des bébés assez rapprochés, nous étions prêts à attaquer rapidement. De plus que les FIV marchent d'autant mieux que le couple est jeune, raison de plus pour ne pas traîner.
Les statistiques sont là : seuls 20% des couples ayant eu leur premier enfant par PMA reconsultent pour en faire un 2ème. Et ces couples correspondent pour la majorité à des cas où la FIV a fonctionné à la 1ère ou la 2ème tentative. Autrement dit, les couples pour qui la PMA est très longue et difficile avant d'aboutir s'arrêtent généralement à un enfant...
Nous étions prêts et motivés pour recommencer. On se disait : "maintenant, on sait comment on fait les bébés ; on connaît les traitements qui marchent pour nous, ça ne devrait pas être bien difficile d'en faire un 2ème".
Bien sûr, avant d'envisager un transfert avec l'embryon surnuméraire de la 1ère FIV, nous avons refait des examens médicaux pour savoir si le recours à la PMA serait nécessaire. Après tout, certains couples obtiennent des grossesses naturelles après une 1ère grossesse PMA. Mais la conclusion était la même que 2 ans plus tôt : l'OATS de Louis ne s'était pas améliorée, elle s'était même un peu dégradée. Nous nous y attendions, nous n'espérions pas de miracle, donc nous n'avons pas eu de problème à accepter. Début 2006, nous voilà prêts, les pieds dans les starting blocks pour entamer le 2ème round de PMA.
La 1ère tentative en février 2006 a été un TEC avec notre dernier embryon congelé en 2004 : procédure assez légère, mais pas mal de pression car nous savions que si ça ne marchait pas, il fallait tout recommencer, ponction, FIV-ICSI etc. La période des dosages hormonaux/échographies a été fatigante car il fallait courir toute la journée, et bien que ne travaillant pas à ce moment-là, j'avais un petit bonhomme de 15 mois dont je devais m'occuper. Nous avons eu recours au même protocole que celui qui avait marché pour obtenir ma 1ère grossesse, et le TEC a eu lieu 2 ans jour pour jour après celui qui avait marché en 2004. Et là, résultat POSITIF ! Quelle joie ! Mais le bonheur a été de courte durée. Dès le 2ème dosage de BHcG pour vérifier l'évolutivité de la grossesse, le taux n'a fait que chuter : j'ai fait une fausse-couche précoce à 4,5 semaines d'aménorrhée.
Ca a été dur, très dur. On a beau avoir déjà un bébé, savoir que les fausse-couches sont un phénomène courant, y compris pour les grossesses naturelles, on ne peut que vivre cela comme une fausse-couche, comme un deuil très précoce dont on se débrouille comme on peut.
Et il faut tenir le coup, assurer, pour ne pas que le premier enfant en souffre. A ce moment-là, j'ai réalisé que cette 2ème FIV ne serait pas une simple formalité, comme j'avais pu l'espérer. Le fait de repasser par les mêmes étapes et même d'autres, peut-être encore plus difficiles, de rentrer de nouveau dans cet univers que j'avais un peu oublié, m'a replongée dans les affres que j'avais connu 2 ans auparavant.
Cela génère en fait de nouvelles difficultés et des questions supplémentaires : comment gérer cette nouvelle FIV sans altérer notre vie de famille ? Comment faire en sorte que ça ne perturbe pas notre premier enfant ? Car même si nous ne lui avons pas expliqué, je pense qu'à chaque étape de cette nouvelle FIV, il a senti qu'il se passait quelque chose d'inhabituel. Au moment de ma fausse-couche, de la ponction, et des problèmes de ma grossesse actuelle, nous l'avons trouvé un peu perturbé et demandeur de plus d'attention qu'à l'accoutumée.
Nous avons pris le parti de ne pas lui parler de FIV, pas un mot sur une petite soeur ou un petit frère, pour l'instant ; il est trop petit et ne comprendrait pas. Et puis nous ne souhaitions pas faire reposer sur ses petites épaules la pression qui repose sur les nôtres. C'est déjà pénible pour des adultes, alors nous souhaitons l'épargner et ne lui faire partager que la bonne nouvelle lorsque le 2ème bébé sera sur le point de faire son apparition.
Dans les moments difficiles, j'ai eu tendance à culpabiliser vis-à-vis de mon fils : il était perturbé par mes difficultés psychologiques et physiques et plusieurs fois, j'ai eu l'impression de le "sacrifier" pour faire son petit frère ou sa petite soeur. Il a dû partir en vacances chez ses grand-parents au moment de la ponction d'ovocytes, et récemment au moment du décollement placentaire pendant ma grossesse actuelle. Même si je sais que pour lui, ces séjours sont vécus comme des vacances joyeuses et pas comme un éloignement forcé, je trouve cela perturbant de devoir l'éloigner pour assurer une nouvelle grossesse. En fait, c'est sans doute à moi plus qu'à lui que tout ça pose des problèmes...

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