Comment parler à quelqu'un qui fait une fécondation in vitro (FIV) ? Comment lui apporter du soutien, sans être lourd, sans le blesser, sans commettre de gaffe ?
Les femmes qui font des FIV sont souvent très émotives, pour plusieurs raisons. Parce que l'envie d'avoir un enfant est viscérale, et que contrariée, elle en devient douloureuse, elle peut rendre intolérante. Mais aussi parce que les traitements hormonaux lourds sont responsables d'une émotivité et d'une irritabilité inhabituelles. Alors quand on fait une FIV, parfois, on réagit mal à des remarques anodines car on est à fleur de peau. Et pourtant, on a terriblement besoin d'être épaulée et soutenue.
J'ai actuellement plusieurs copines de galère et une personne très proche en plein protocole de PMA (procréation médicalement assistée). Les unes viennent de connaître un résultat négatif à leur tentative, d'autres attendent leur prise de sang dans quelques jours et sont plongées dans cette période horrible où se mêlent espoir et peur d'y croire.
On pourrait croire qu'étant passée par là, je sais mieux que quiconque comment leur parler et quoi leur dire. Eh bien... je me sens bien désarmée face à leur détresse.
Bien sûr, je sais qu'il y a des mots à éviter, des choses à ne pas dire, mais de là à savoir comment les aider ! Faut-il leur parler de ce qu'elles traversent pour qu'elles sachent qu'on pense à elles, ou au contraire leur changer les idées sans s'appesantir sur la FIV ? Ce qui est difficile pour moi, c'est que j'ai toujours peur d'avoir l'air de "la ramener" avec mes conseils ou mes réflexions... J'ai peur qu'elles ne se disent : "Facile de parler comme ça quand on a déjà un enfant et un autre en route !". Comme si je ne faisais plus partie de leur communauté, comme si j'étais "passée de l'autre côté" en accédant à la maternité. J'imagine que mon côté "ancien combattant" peut leur être pesant. J'essaye de mettre à profit mon expérience pour les aider, pour leur apporter le soutien dont je n'ai pas bénéficié pendant ma 1ère FIV, car je ne connaissais personne dans le même cas que moi. C'est plus facile de relativiser quand la FIV a fini par marcher mais on risque vite de passer pour "Madame-je-sais-tout".
Une chose est sûre : même quand on l'a eu ce bébé, on n'oublie pas par quoi on est passé. Un parcours de PMA peut se terminer par un happy-end, ça n'en reste pas moins un parcours du combattant. Jusqu'à ce que ça marche (j'ai presque envie de dire : jusqu'à ce que le bébé soit né), on galère, on souffre et on flippe. On n'échappe pas aux épisodes pénibles, aux mauvaises nouvelles, aux claques en tout genre. Et on s'en souvient.
Alors quand je vois ou lis mes copines qui traversent ces épreuves, je suis profondément émue et touchée. Leurs angoisses me sont familières, aucune de leurs difficultés ne me laisse indifférente.
J'aimerais tellement les apaiser et pourtant, comment trouver les mots justes ?

Moi je demande aux autres de ne pas me parler de ce sujet tant que je ne l'ai pas abordé moi même. Car il y a des jours où je peux en parler sans problème, et d'autres ou je ne veux surtout pas aborder la chôse. Certaines pesonnes le comprennent comme une évidence, pour d'autres c'est une galère à leur faire comprendre, surtout quand on est nous dans un état pas possible de nerfs. Sans compter que cet état est différent d'un jour à l'autre...
Trouver les mots justes est donc une galère, mais déjà si tu trouves des mots c'est génial. Juste demander "comment vas tu" en le pensant vraiment, ou dire "porte toi bien" lors d'un au revoir et être sincère, ça se sent et parfois ça suffit :)
Rédigé par: Marie, Paris | 26/02/2007 à 17:54
Je trouve que tu as les mots justes pour décrire ce qu'on ressent.
Pendant les traitements, pour moi, tous les bb conçus naturellement du 1er coup n'existaient pas, seuls les bb pma ou les bb miracle existent. Mon premier bb va voir le jour d'ici 15 jours et je n'ai pas changé d'état d'esprit, pour moi les fertiles font partie d'une autre planète. Je continue de trainer sur le forum stérilité de docti...
On avait parlé à personne avant mon + qu'on avait des problèmes, on a annoncé notre + en disant qu'il avait fallu aider la cigogne à nous trouver. Les féconds veulent avoir tous les détails, savoir de qui vient le problème, quelle a été la solution Pour nous c'est notre vie privée, c'était assez dur à vivre, on ne répond pas. Ca les avance à quoi de savoir?
Par contre entre couples pma on ne se cache rien. J'espère que notre réussite rapide remotive nos amis de galère.
Rédigé par: natger | 18/02/2007 à 20:27
Tu as raison, Emilie, ça mérite d'être souligné : les blogs sont un bon moyen pour expliquer à notre entourage ce que l'on vit et pour le sensibiliser à nos difficultés (sans avoir à le faire de vive voix, ce qui est parfois trop douloureux ou moins efficace).
Et ça laisse le temps aux gens de comprendre, de réfléchir, et de ne pas sortir la première phrase bateau qui leur passe par la tête... et qui peut parfois être blessante.
Rédigé par: Christine Choquel | 29/01/2007 à 21:22
tout le monde le vit différement et apprécie des mots différents mais c'est sympa de parler à des gens qui connaissent… c'est parfois difficile de faire comprendre qu'on est suspendu aux résultats d'un taux d'oestradiol ou qu'on est trop contente de pondre 12 ovocytes ! avec le blog, c'est plus simple. d'ailleurs autour de moi les gens trouvent assez bien les mots finalment. Ils savent comment on vit ça…et nous on leur est reconnaissant de nous lire. c une vrai expression de soutien je trouve.
Rédigé par: EmilieR | 29/01/2007 à 20:13