Comment nos conjoints vivent-ils tout ça ?
En PMA (procréation médicalement assistée), on parle beaucoup des femmes... Et pour cause : c'est tout de même à elles d'encaisser les traitements, les contraintes, et c'est dans leurs entrailles qu'au bout du compte, ça marche ou ça ne marche pas. Les femmes sont donc au premier plan de toutes les réflexions concernant les les difficultés morales et physiques mises en jeu dans cette aventure.
Et pourtant, on est bien deux à le désirer cet enfant... On est deux à galérer, deux à souffrir en cas d'échec, et bien sûr deux à exulter en cas de succès !
Nos maris, copains, conjoints, on les appelle comme on veut, sont dans le même bateau que nous et vivent la même expérience, même si indéniablement, ils la vivent différemment. Certes les hommes ne subissent pas la lourdeur des traitements hormonaux, ils ne vivent pas les échecs ou les succès "dans leur chair" comme c'est le cas pour nous.
Mais est-ce plus facile pour autant ?
Je n'en suis pas sûre... Ils souffrent à mon avis de leur impuissance à résoudre le problème et à le rendre moins éprouvant pour nous. Un mari attentionné aimerait pouvoir tout épargner à sa femme. Or dans le cas de la FIV (fécondation in vitro), les hommes ne peuvent pas se substituer aux femmes en encaissant les traitements à leur place, bref, en leur disant : "laisse, je m'en charge !".
Ils peuvent nous soutenir, nous épauler, être forts pour nous aider à ne pas nous effondrer - et ils le font bien - mais j'ai l'impression que c'est frustrant pour eux. Peut-être d'autant plus que nous pendant ce temps, nous sommes centrées sur notre nombril auréolé de traces de piqûres, sur nos angoisses, nos sautes d'humeur, nos symptômes (ou nos absences de symptômes) et nous avons peut-être parfois tendance à oublier que pour eux aussi, c'est dur. Ils encaissent nos crises de larmes et nos doutes, qui viennent s'ajouter aux leurs, et ils restent forts pour nous guider. Pas évident pour eux, je pense.
Et quand l'origine de la stérilité est masculine, c'est sans doute encore plus compliqué : ils ont l'impression de nous "imposer la FIV" et toutes les épreuves qui l'accompagnent sans pouvoir nous aider à la supporter physiquement. Ca doit être dur pour eux de nous voient souffrir physiquement. J'imagine qu'ils ont peur que nous ne leur en voulions, peur pour notre santé, peur de ne jamais avoir d'enfant, peur pour leur couple, peur tout court, comme nous... même s'ils le disent peut-être moins.
Non, ça n'est pas facile non plus pour les hommes. Ils jouent un rôle clé dans la manière dont nous, les femmes, pouvons vivre notre parcours de PMA, mais n'oublions pas nous aussi de les soutenir, car ils en ont besoin ! Ne les laissons pas sur le carreau !
Je n'aurais jamais tenu le coup si Louis n'avait pas été là à chaque pas, pour m'aider à me relever quand je trébuchais, m'épauler, m'aider à y croire sans baisser les bras. Lui ai-je quant à moi apporté tout le soutien dont il a pu avoir besoin ? Je me le demande...

Bonjour,
Fausse manoeuvre, je recommence. Ma gynéco vient de me dire suite à mon test de grossesse que mon taux d'HCG est tellement bas qu'elle "ne croit pas que ça puisse continuer". Vous imaginez bien, vous, parce que c'est vrai que seules celles et ceux qui sont passés par là connaissent cette peine, dans quel état moral je suis. C'était bon, j'avais tous les symptômes, je le sentais, j'étais enceinte, je devais me mordre la langue pour ne pas en parler à tout le monde, et voilà que tombe l'inattendu couperet: "oh oui, il y a eu une grossesse, mais c'est sans doute déjà fini ou alors je ne crois pas que ça puisse continuer". Comment faire pour trouver encore du courage après toutes ces années d'essais et d'échecs? J'ai une petite fille de 4 ans et demi que je partage en garde alternée avec mon ex-mari, un pur produit de la FIV, une magnifique petite fille conçue au deuxième essai, mais maintenant j'aimerais tant en avoir un deuxième - loin, loin de la famille de 4 enfants dont je rêvais plus jeune -, juste un petit deuxième, un seul... Mais voilà, j'ai 41 ans et demi, mes chances se sont fortement réduites depuis ma fille. Dès la première tentative, j'avais 35 ans, je me suis retrouvée enceinte. Malheureusement, pas de chance: le médecin n'a pas fait l'échographie très attentivement et a diagnostiqué un oeuf blanc. Dix jours plus tard, il décidait de me faire un curetage parce qu'il ne partait pas tout seul: et pour cause, il y avait un petit garçon en cours de fabrication...Il n'a pas bien supporté l'intrusion du curetage, mais a malgré tout encore tenu 6 semaines, pendant lesquelles je suis restée couchée, avant de partir, à 16 semaines de grosesse.
Six mois plus tard, je recommençais et ça marchait à nouveau, heureusement pour ma santé mentale.
Et depuis, 5 FIV en comptant celle-ci, 2 ou 3 implantations d'embryons congelés, une insémination artificielle à tout hasard, deux laparoscopies et la deuxième avec salpingectomie parce que l'existence d'une trompe infectée diminuait encore mes maigres chances. Pfff, j'en ai marre.
Est-ce que ça vaut la peine que je m'acharne encore? On pense à l'adoption, mais la route est tellement embouteillée: neuf mois de liste d'attente avant de pouvoir commencer les fameuses séances de "préparation à l'adoption" conçues par nos chères autorités pour des gens qui ne doivent pas travailler et n'ont pas de famille -bon nombre des sessions commencent à 17h en semaine, et sinon il faut donner le samedi matin...
Enfin, voilà, je me suis bien lamentée sur mon triste sort et je me sens un tout petit peu mieux.
Merci d'être là.
Marie
Rédigé par: Marie Homburg | 26/02/2007 à 17:55
La BD citée dans le commentaire de Xavier vaut le détour...
http://www.triples.over-blog.com
Une manière très originale d'aborder le sujet de la FIV, en y insufflant de l'humour tout en abordant de vraies questions.
A suivre !
Rédigé par: Christine Choquel | 03/02/2007 à 00:33
bonjour bravo pour votre sincérité.
si ça vous dit, j'ai créé une BD qui parle de FIV, basée sur des vrais morceaux de réel !
désillusions, espoirs,... etc tout y est raconté dans l'humour. Et ça rejoint votre témoignage.
http://www.triples.over-blog.com
Rédigé par: Xavier | 02/02/2007 à 21:35