Evidemment, la seule vraie motivation pour endurer un parcours de PMA (procréation médicalement assistée), c'est l'envie d'avoir un enfant.
Mais au-delà de ça, comment fait-on pour tenir le coup, pour encaisser les échecs, les mauvaises nouvelles, les déceptions, et pourtant trouver la force de continuer et y croire encore ?
J'imagine que les réponses sont très personnelles, et différentes d'un couple à l'autre.
Chacun puise dans ses propres ressources l'énergie nécessaire pour aller de l'avant.
Je l'ai déjà dit, la présence de Louis a été un soutien incroyable et m'a permis de m'accrocher. Notre intimité, notre amour et notre confiance commune ont permis à notre couple de traverser la FIV (fécondation in vitro) sans voler en éclat.
Mais en ce qui me concerne, le refus de l'échec a sans doute aussi été déterminant : je ne supporte pas l'échec et je déteste baisser les bras. Ca m'a aidé à ne pas laisser tomber même quand nous nagions en pleine déception.
Abandonner, moi ? Jamais... Me battre, ça oui, je voulais bien, mais jeter l'éponge, certainement pas. Ca n'était tout de même pas quelques piqûres, quelques échographies et de nombreuses crises de larmes qui allaient me décourager.
Toujours cette envie de bien faire avec une pointe d'esprit de compétition. Je pense que je me suis dit : "Je ne vais quand même pas échouer alors que d'autres y arrivent !".
Et pour être franche, j'avais bien l'intention d'y arriver, et si possible d'y arriver avec les honneurs. Y arriver vite, y arriver bien, je ne sais pas trop comment formuler ça...
Bien s'en sortir dans un parcours de FIV, qu'est-ce que ça veut dire exactement ? Pas grand-chose en fait, mais pour moi, il fallait essayer de tout faire parfaitement, d'être exemplaire.
C'est sans doute idiot, mais je n'ai pas pu m'empêcher de vivre l'expérience de la PMA comme une occasion de me surpasser. Comme si j'avais quelque chose à prouver, à moi, et aux autres.
Je sais, vous vous dites que c'est nul cette notion d'excellence appliquée à la FIV, mais c'est un moteur comme un autre... Quel intérêt de se gargariser d'un nombre d'ovocytes ou d'embryons ? Aucun intérêt, parce que l'important, c'est que ça marche ; l'important, c'est quand le bébé est enfin là...
C'est avant tout une aventure personnelle, où seul le résultat compte : un bébé !
Mais pour moi, l'émulation et l'envie d'être au top ont eu au moins un intérêt : m'aider à tenir le coup ! Chacun puise sa force là où il peut...
Et on a eu de la chance : pour nous, ça a marché assez vite, et sans trop de difficultés. Et le résultat est à la hauteur de nos espérances : un petit garçon adorable, et une petite soeur sur le point de le rejoindre. Alors forcément, je trouve qu'on s'en est très bien sorti.

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