D. Sicard, président du Comité consultatif national d'éthique (CCNE), s'est récemment plusieurs fois inquiété sur le dépistage prénatal (DPN) et les dérives eugénistes que peut engendrer cette technique.
Il met en lumière le fait que cela donne aux parents le droit de choisir l'enfant parfait, en se débarrassant de tous ceux qui ne répondent pas à leurs attentes. Il inclut dans les techniques risquant de dévier peu à peu vers l'eugénisme l'actuel recours quasi-systématique au dépistage de la trisomie 21.
L'une de ses réflexions sur le sujet m'a particulièrement interpellée. Il confie : "Je me pose (...) la question - peut-être une question qui n'a pas de sens ? - de savoir si un embryon ou un fœtus qui se sent sans arrêt sur un siège éjectable en fonction de ce que va dire l'échographie, en fonction de ce que vont dire les examens, ne serait pas en train de construire une humanité future extrêmement angoissée".
Ainsi, il envisage que les enfants sans cesse soumis à une "évaluation" médicale prénatale gardent une "mémoire" de l'inquiétude des parents, comme s'ils pouvaient se souvenir qu'une épée de Damoclès a pesé sur leur devenir avant même d'être nés. Je trouve cette idée intéressante, même si je ne la partage pas.
La tendance actuelle à vouloir absolument dépister au plus tôt et écarter les enfants atteints de certaines pathologies pourrait-elle peu à peu inscrire dans les gênes humains une forme d'inquiétude chronique ou d'anxiété issue du fait qu'ils ont su, avant même d'être nés, que l'on doutait d'eux ?
En tant que maman et future maman de 2 enfants ICSI (conçus par fécondation in vitro avec injection intra-cytoplasmique), j'ai déjà raconté à quel point ces grossesses issues de PMA (procréation médicalement assitée), que les médecins appellent parfois des grossesses précieuses, peuvent être stressantes et anxiogènes.
Les futures mamans PMA sont souvent plus inquiètes que les futures mamans couettes. Et pour cause : elles ont tellement ramé pour en arriver là ! Le parcours douloureux de la PMA laisse des traces qui ne s'effacent pas si facilement à l'annonce de la grossesse. J'ai personnellement connu peu de répit durant mes deux grossesses ; entre les problèmes médicaux (col hémorragique, décollement placentaire, menace d'accouchement prématuré, etc...), la peur de perdre le bébé, les angoisses liées aux risques de trisomie, de malformations (liées ou non à l'ICSI), j'ai passé mon temps à flipper en étant enceinte.
Cela veut-il dire que mes enfants sont ou seront de grands angoissés ???
En ai-je fait, avant même de les mettre au monde, de futurs stressés ? J'espère que la réponse est non.
Le professeur Susan Golombok, directrice du City University Family and Child Psychology Research Centre de Londres a réalisé sur plusieurs années une étude sur le développement psychologique des enfants nés de PMA mais aussi des enfants adoptés ou conçus avec du sperme de donneur ; elle a étudié leur développement durant l'enfance puis l'adolescence.
Les résultats de l'étude montrent que ces enfants sont aussi équilibrés que leurs petits camarades conçus naturellement.
Est-ce qu'ils sont plus stressés que la moyenne du fait de la technique qui a été utilisée pour les concevoir, ou du fait de l'anxiété de leur parents pendant ces grossesses si longtemps désirées ? Rien de tel n'a été mis en évidence. Bien au contraire : ces enfants ont été tellement souhaités qu'ils sont souvent très choyés, et grandissent au sein de familles unies et harmonieuses, et rien ne montre que leur histoire prénatale n'ait laissé de trace sur leur psychologie...
Le professeur souligne même que s'il existe des différences avec l'équilibre des enfants conçus naturellement, elles sont plutôt positives. Ainsi, les épreuves liées au parcours de PMA marqueraient certes les parents, mais pas forcément les enfants, ou du moins, pas de manière négative.
Comme quoi, il semble que l'inquiétude et l'angoisse ne prennent pas le pas sur tout l'amour et l'attention dont sont entourés ces enfants PMA !

Salut ma belle,
Je suis contente que tu es mis cete etude sur ton site que je lit à chaque nouvel article.
Nous allons devoir faire un DPN aussi mais je ne crois pas que l'on peut dire qu'on le fait car "on doute d'eux" mais si on fait ce choix c'est avant tout pour leur bien etre. Quel avenir donnons nous à nos enfants s'ils ont handicapé, ou si, comme dans notre cas, ils sont obliger de suivre un traitement à vie par perfusion à l'hopital. Je crois que oui on a le choix et c'est douleureux à prendre car si ça tenait que de notre confort et bien on le garderait. Comme tu dis quand il est issu de pma et bien il est "précieux". J'espère que les gens ne nous juge pas comme lui car c'est triste de voir comme la civilisation n'avance pas vite. C'est un homme de science et c'est ça qui fait peur!
Merci ma belle!
Rédigé par: Florence | 28/02/2007 à 19:04