Cela faisait des mois que je n'avais pas planché sur mon blog... Le manque de temps, la fatigue, le bonheur de profiter de ma nouvelle configuration familiale font que j'avais laissé tout ça de côté. Et puis je n'avais plus grand-chose à dire et plus envie de penser à la FIV. Que dire de plus que j'étais heureuse et enfin rassurée ?
Et puis hier, j'ai atterri sur mon blog suite à un gentil commentaire de la communauté bloggueuse. Et je me suis mise à relire ce que j'avais écrit durant ces mois de galère. Je n'ai pas pu retenir mes larmes, j'ai été submergée par l'émotion. Le fait de redécouvrir mes sentiments du moment, de replonger dans tout ça m'a un peu ébranlée. Une sorte de flash-back sur des choses bien vite oubliées, ou volontairement oubliées, qui font de nouveau mal quand on y pense.
J'ai écrit plusieurs fois que même lorsque les FIV ont marché et que l'on a eu un ou plusieurs enfants par PMA, on n'oublie pas ce qu'on a enduré. Je le pense toujours, 6 mois après mon deuxième accouchement.
Mais en même temps, il faut arriver à oublier, se forcer à laisser tout cela derrière soi une fois que c'est fini.
J'ai passé ces derniers mois à profiter de mon bonheur évidemment. Mais en parallèle, j'ai dû mener un vrai travail de reconstruction, qui n'est d'ailleurs pas terminé. Après des années quasiment dédiées au "projet bébé", où je n'ai vécu (je devrais même dire où notre couple n'a vécu) qu'au rythme des protocoles de FIV, des calendriers, des attentes, des angoisses, j'ai ressenti une réelle sensation de vide.
Maintenant que la FIV est derrière nous (car même si nous décidons d'avoir un 3ème enfant, il nous reste 13 embryons congelés donc ce sera moins lourd), j'ai besoin de me recentrer sur moi-même, voire même de me redéfinir.
Pendant les FIV, j'avais tendance à tout organiser, à tout penser en fonction de la PMA. Je ne vivais que pour ça, que par ça, on peut presque dire que je ne me définissais que par mon parcours de PMA.
- "Tu fais quoi, toi dans la vie ?"
- "Ben, des FIV... tu vois, je fais des bébés avec des piqûres et des éprouvettes et des prises de sang"
Un vrai projet en soi, qui a monopolisé tellement d'énergie de ma part et de la part de notre couple !
La naissance de Solveig a clôturé concrètement et symboliquement ce projet, au moins temporairement (jusqu'au prochain bébé si nous décidons d'en avoir un autre). Et comme après tout projet qui s'achève, on se sent un peu démuni.
Tout d'un coup, il faut trouver de nouveaux repères, de nouveaux centres d'intérêt et se projeter dans de nouvelles aventures. Bref, il faut trouver de nouveaux projets, surtout pour les gens comme moi qui ont besoin d'avoir des objectifs et des points de repère pour se sentir bien.
C'est pour cette raison que j'ai pris la décision de reprendre une activité professionnelle. Je suis en pleine reconstruction personnelle, sociale et professionnelle, et ça fait du bien ! J'ai décidé de reprendre le chemin du travail et je trouve cela très motivant. Il reste encore beaucoup de questions sur ce que j'ai envie de faire, dans quelles conditions, et sous quelle forme mais il est clair que j'ai besoin de consacrer du temps à mes projets et mes envies. Et en même temps à ma famille bien sûr ! Reprendre une activité professionnelle, une vie sociale ça oui, mais pas sans continuer à consacrer du temps à mes enfants et mon mari... Je n'ai pas autant galéré pour me dire que maintenant que ces "bébés miracles" sont là, je peux reprendre une petite vie centrée sur mon nombril, ma carrière à fond les ballons et qu'ils se contenteront d'une bise sur le front pendant leur sommeil quand je rentrerai du boulot après 21h00...
C'est donc un nouveau challenge : inventer et mettre en place une configuration qui me permette de travailler avec enthousiasme et efficacité, tout en m'occupant de ma famille !
Trouver l'équilibre entre épanouissement personnel et professionnel, voilà un projet qui va m'occuper pour quelques décennies.

Bonjour Christine,
C'est dommage que tu n'ecrives plus sur ton blog car il a vraiment pu m'aider... heureusement je vais mieux car je suis enceinte de jujus (apres ICSI) et j'en suis à 22 SA. J'ai vécu un drame que celui de perdre ma fille adorée Marion issue d'une ICSI aussi, à 39SA+4j alors qu'il n'y avait aucune raison et que l'autopsie n'a rien donné. Je comprends tout a fait ce que tu as vécu meme si nos histoires ne sont pas similaires. Aujourd'hui, je suis simplement heureuse d'attendre les deux ptites soeurs de ma Marion
Bonne route à toi
Francoise
Rédigé par: Francoise | 29/05/2008 à 16:18
J'espère que ta vie à prit le changement qu'il mérite, je te lis très souvent car je trouve tes articles, tellement empreint de philosophie et d'amour mais aussi de réalité et de relativisme.
J'espère que ta puce va bien, j'adore son prénom et que tu es en plein épanouissement personnel!
Sincérement
Flo
Rédigé par: Pouget | 12/03/2008 à 06:52
J'ai découvert votre blog grâce au blog des Triplés et je m'y suis plongée avec bonheur. Nous n'avons pas tout à fait le même parcours et je n'ai pas encore la joie qu'une tentative ait abouti, mais je me reconnais dans tout ce que vous écrivez. Bravo et merci !
Rédigé par: Patricia | 21/11/2007 à 12:57
Christine, votre blog est un des premiers que j'avais trouvé au tout début de mon parcours. Je constate avec plaisir que tu vous allez bien et que vous avez à nouveau élargi l'horizon de vos projets, maintenant que Solveig est née ! Je vous souhaite de faire bonne route, sur le chemin de la reconstruction !
Rédigé par: Laure | 31/10/2007 à 20:15